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Aborigène, Amérindien, Indien ou Autochtone : de qui s’agit-il?


Les mots que nous utilisons peuvent influer sur notre façon de penser et d’agir. Depuis quelque temps, nous assistons à un effort concerté pour remplacer le terme « aborigène » par « autochtone » lorsqu’il s’agit des peuples des Premières nations. Ce changement vise à être plus respectueux et inclusif, tout en cessant d’utiliser des termes désuets et offensants comme « Amérindien » et « Indien ». Il importe de comprendre que ces termes peuvent être associés au colonialisme et à l’assimilation, et qu’ils ne reflètent pas les diverses identités culturelles et linguistiques des peuples autochtones. Quand nous rédigeons ou traduisons, nous devons tenir compte du contexte culturel et historique. Si vous souhaitez en savoir plus sur l’importance de la langue et de son influence sur l’identité et la représentation culturelles, lisez la suite.


Pour une navigation rapide :


L’importance de la langue


En traduction, il est essentiel de comprendre les nuances et les connotations des différents termes. Le langage qui désigne les différents groupes culturels est une question en constante évolution qui peut représenter un outil porteur de changement. En préconisant le terme « autochtone » plutôt qu’« aborigène » ou d’autres termes désuets, nous pouvons contribuer à modifier le discours et à évoluer vers un langage plus inclusif qui reflète mieux la diversité et la complexité des cultures et des identités autochtones. Enfin, nous devrions respecter les préférences des individus et des communautés, écouter leurs points de vue sur la langue et l’identité culturelle et apprendre d’eux.


L’importance juridique et culturelle sur le plan terminologique


Surtout lorsqu’on travaille sur des textes juridiques qui concernent les peuples autochtones, il importe de comprendre que les systèmes juridiques des communautés autochtones sont complexes, diversifiés et enracinés dans les sociétés autochtones. Nous avons bien fait de reconnaître l’existence du droit autochtone, mais y a-t-il une nuance à laquelle faire attention? À ce propos, dans le contexte du système juridique nord-américain, certains termes ont une signification juridique et culturelle. Selon l’Association du Barreau canadien,


« Le droit des Autochtones est l’ensemble des lois et arrêts qui déterminent les droits constitutionnels des Autochtones et régissent la relation entre les Autochtones et l’État. Il est notamment fondé sur des instruments coloniaux (Proclamation royale de 1763, Acte de l’Amérique du Nord britannique de 1867, Loi constitutionnelle de 1982, Loi sur les Indiens) et sur les sources du droit autochtone.
Le droit autochtone est un système juridique issu des sociétés autochtones elles-mêmes. Il provient des communautés des Premières Nations de partout au pays (comme les nations nuu-chah-nulth, haïda, salish, tsimshian et haeltzuk) et englobe le rapport au territoire, le monde des esprits, les récits de la Création, des coutumes, des processus de délibération et de persuasion, des codes de conduite, des règles, des enseignements et des axiomes pour vivre et gouverner. »

Plongeons un peu plus loin dans l’histoire et explorons ce que mentionnent la Proclamation royale de 1763, les Lois constitutionnelles de 1867 et de 1982, et la Loi sur les Indiens.


La Proclamation royale de 1763


La Proclamation royale de 1763 est une loi britannique qui a jeté les bases de la politique coloniale britannique à l’égard des peuples autochtones d’Amérique du Nord. Elle reconnaît les droits fonciers des autochtones et établit un cadre pour la négociation de traités. Elle interdisait également la vente de terres des Autochtones à toute personne autre que la Couronne britannique. La Proclamation a été un précurseur important de la relation moderne entre les peuples autochtones et le gouvernement canadien. Bien que la Proclamation royale de 1763 ne fait pas mention du terme « aborigène », étant donné qu’il n’était pas couramment utilisé à l’époque, la Proclamation désigne les peuples autochtones comme des « nations ou tribus d’Indiens ».


Les Lois constitutionnelles de 1867 et de 1982


La Loi constitutionnelle de 1867, également connue sous le nom d’Acte de l’Amérique du Nord britannique, a créé le Dominion du Canada et réparti les pouvoirs entre le gouvernement fédéral et les gouvernements provinciaux. La Loi constitutionnelle de 1982 inclut la Charte canadienne des droits et libertés et a accordé au Canada une indépendance totale vis-à-vis du Royaume-Uni. La Loi constitutionnelle de 1867 et celle de 1982 mentionnent toutes deux le terme « aborigène » (Aboriginal). Alors que la Loi constitutionnelle de 1867 fait référence à la responsabilité du gouvernement fédéral à l’égard des « Indiens et des terres réservées aux Indiens », celle de 1982 reconnaît et confirme les droits ancestraux et issus de traités des Premières nations, des Inuits et des Métis du Canada.


La Loi sur les Indiens


La Loi sur les Indiens est une loi fédérale canadienne qui régit la reconnaissance des peuples autochtones, de leurs droits et de leur statut. Elle a été adoptée pour la première fois en 1876 et a été modifiée à plusieurs reprises. Elle définit qui est reconnu comme « Indien » en vertu du droit canadien et réglemente de nombreux aspects de la vie des peuples autochtones, notamment l’utilisation des terres, l’éducation et la gouvernance. Bien que le terme « aborigène » (Aboriginal) soit également employé dans la Loi sur les Indiens, ce terme définit l’« Indien » comme une personne inscrite ou ayant le droit d’être inscrite en vertu de la loi. Il est employé de manière plus large pour désigner les peuples autochtones du Canada, y compris les Premières nations, les Inuits et les Métis.


Ainsi, même si les termes « Aborigène » et « Indien » sont aujourd’hui considérés comme dépassés, voire désobligeants, parfois nous devons continuer à les employer pour faire référence à des documents historiques ou au droit autochtone et des Autochtones, qui sont distinctes, mais nous y reviendrons dans un instant. Ces termes sont encore utilisés aujourd’hui dans des contextes juridiques, notamment en anglais où Aboriginal Law persiste. En employant ces termes, nous reconnaissons le contexte historique dans lequel ces documents ont été rédigés et l’héritage du colonialisme et de l’oppression auquel les peuples autochtones du Canada continuent d’être confrontés. Toutefois, dans un contexte moderne, il est jugé plus respectueux d’utiliser le nom de la nation ou de la communauté concernée pour désigner les peuples autochtones.


Les avocats du droit autochtone et des Autochtones


Lors de la rédaction et de la traduction de plusieurs centaines de profils professionnels pour Cain Lamarre dans le cadre de la refonte du site Web de notre client, la distinction entre les termes « droit autochtone » (Aboriginal Law) et « droit des Autochtones » (Indigenous Law) a été portée à notre attention, notamment pour les traductions vers l’anglais où ces termes diffèrent davantage (Aboriginal and Indigenous laws). Alors que notre première réaction fut celle d’employer exclusivement le terme « droit autochtone » (Indigenous law), nous avons appris qu’il existe une différence entre les deux termes et en ce qui concerne le terme Aboriginal en anglais, il est encore couramment employé dans les contextes juridiques. Un avocat qui pratique le droit des Autochtones (Indigenous Law) a une compréhension plus profonde des traditions et coutumes juridiques spécifiques d’une communauté autochtone particulière. En revanche, un avocat qui pratique le droit autochtone (Aboriginal Law) se concentre davantage sur l’interaction entre les peuples autochtones et le gouvernement, ainsi que sur les cadres juridiques plus larges qui se sont développés. Par exemple, Me Jacynthe Ledoux est une avocate spécialisée en droit autochtone (Aboriginal Law) dont la pratique diversifiée comprend la représentation des Premières nations en matière de droit de l’environnement, de revendications particulières, de droit de l’énergie, de ressources naturelles, de droit constitutionnel, de protection de la jeunesse et de droits de la personne. Un autre exemple est celui de Me Zoé Robidoux, une avocate qui participe à l’élaboration d’accords entre les Premières nations et les promoteurs industriels. Elle est aussi impliquée dans les affaires liées aux droits ancestraux, à la gouvernance autochtone, ainsi qu’à la négociation d’accords constitutionnels et administratifs. Néanmoins, il existe un certain chevauchement entre ces domaines du droit (autochtone et des Autochtones, respectivement en anglais Aboriginal et Indigenous). En effet,les avocats peuvent avoir des compétences dans les deux domaines juridiques, et l’Association du Barreau canadien citée plus haut fait clairement la distinction entre le droit autochtone (Aboriginal Law) et le droit des Autochtones (Indigenous Law).


La conscience contextuelle en traduction en anglais et en français


En traduction, il est essentiel de connaître le contexte culturel et historique des textes. Supposons, par exemple, que vous traduisiez un document juridique sur les droits des Autochtones. Dans ce cas, il est important de comprendre le contexte juridique et culturel dans lequel le document a été rédigé. En comprenant le contexte, vous pouvez vous assurer que la traduction est exacte et respectueuse des peuples autochtones et de leurs expériences. En français, les termes Aboriginal et Indigenous sont souvent traduits par « autochtone », ce qui peut sembler plus simple. Comme en anglais, les termes français « amérindien », « aborigène » et « indien » pour désigner les peuples des Premières nations sont également à proscrire. Toutefois, l’Association du Barreau canadien nous rappelle qu’il existe une différence subtile, même en français, où Aboriginal Law se traduit par « droit autochtone » et Indigenous Law par « droit des Autochtones ». La nuance est plus subtile en français n’est-ce pas?


La Banque de dépannage linguistique de l’Office québécois de la langue française nous rappelle également


« Au fil du temps, on a observé des changements dans les dénominations de peuples autochtones. En effet, de nos jours, certaines appellations anciennes ou jugées péjoratives sont devenues moins fréquentes dans l’usage, étant parfois remplacées par des appellations issues de langues autochtones.
On a ainsi vu, depuis les années 1970, le nom Esquimaux être progressivement remplacé par Inuits. Plus récemment, on a vu Premières Nations se substituer à Amérindiens, qui avait lui-même remplacé Indiens dans l’usage. C’est également dans cet esprit qu’on a vu s’implanter Innus, en remplacement de Montagnais, et Wendats ou Hurons‑Wendats, préférés à Hurons. »

Conclusion


Les termes employés pour désigner les peuples autochtones sont en constante évolution et il est essentiel de comprendre les nuances et les connotations des différents termes. Un langage respectueux et inclusif est important, et nous devrions respecter les préférences des individus et des communautés tout en étant attentifs aux points de vue sur la langue et l’identité culturelle. Les textes juridiques qui concernent les peuples autochtones contiennent souvent des termes spécifiques qui ont une signification juridique et culturelle. Alors que des termes comme « aborigène », « amérindien » et « indien » sont aujourd’hui considérés comme désuets, voire péjoratifs, le terme anglais Aboriginal a toujours sa place dans l’espace juridique. Toutefois, il est plus respectueux d’utiliser le nom de la nation ou de la communauté concernée pour évoquer les peuples autochtones dans un contexte moderne ou plus général. Au final, visons un langage plus inclusif qui reflète la diversité et la complexité des cultures et des identités autochtones.


Ce billet souligne l’importance d’un langage précis et respectueux des cultures et fait valoir le besoin de services de traduction professionnels. Pour vos documents professionnels, juridiques ou personnels, il est essentiel de travailler avec des traducteurs qualifiés afin de communiquer votre message de manière précise et efficace. Nous comprenons que le langage peut parfois être complexe et nuancé, et nous sommes là pour vous aider à naviguer facilement à travers ces complexités, alors si vous avez besoin de nous, contactez-nous!

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